Il habite Liège, la ville de Simenon, mais son domaine n'est pas le polar ! Lui, c'est la chanson populaire et son public... les femmes ! Elles sont des milliers à l'écouter, l'adorer et l'aduler. Chaque année, il donne plus de cent concerts par tournée. Et pourtant, les médias le négligent. Qui est-il ?
Lui, c'est Frank Michael. Ces fans l'auront reconnu sans peine... Les autres, pas sûr ! On entend déjà murmurer "ringard", "idole des mamies" et autre "crooner à l'eau de rose". Alors, une bonne fois pour toute, bas les masques ! Oui, ses références sont Elvis et Sinatra, ses thèmes favoris sont les femmes, l'amour et la vie. Eh oui ! Son public est composé à 80 % de femmes de plus de soixante ans. Eh oui, encore ! Il se revendique comme un artiste complet : il a à son actif plus de quatre cents chansons, quatorze albums et vingt millions de disques vendus à travers le monde.
Un destin
Franco Gabelli, fils de mineur et idole des femmes, est né le 7 mai 1953. C'est son père qui lui offre sa première guitare. Plus tard, alors qu'il est ouvrier à l'usine, Franco est également chanteur de bal, le samedi. Un beau jour de 1974, à vingt ans, il envoie une cassette à RCA, la maison de disque d'Elvis Presley. Il a tout juste le temps de se choisir un pseudo (Frank pour Franco et Michael en hommage à un ami d'enfance) et le voilà qui caracole au top du hit-parade pendant sept semaines consécutives avec "Je ne peux vivre sans toi". Il enchaîne avec "Dites-lui que je l'aime" et c'est la consécration. Trente ans plus tard, il fait salle comble au Zénith comme à l'Olympia.
"Absolutes fans !"
Elles sont mères et grand-mères. Elles n'ont pas l'habitude des rassemblements hystériques des concerts et n'aiment pas plus les soirées aux "vibes" assourdissantes... Mais, il suffit d'un concert de Frank Michael pour qu'elles retrouvent leurs dix-huit ans. Elles font des centaines de kilomètres pour l'entendre chanter et passent des heures debout à crier son nom ! Cette love story dure depuis plus d'un quart de siècle. Et c'est grâce à elles que le chanteur belge a pu survire à un phénomène étrange : l'indifférence des médias français ! No articles, no plateau de télé, bien peu de radio...